Voir les veines saillir avec le garrot, et regarder l'aiguille s'enfoncer dans la peau et appuyer sur le piston pour que le produit pénètre en toi ; tu le sens monter, prendre possession de ton corps. Ton sang bouillonne, tu arrives aux portes du paroxysme du plaisir. Il est inutile de lutter, de se contrôler. Tu n'es plus maître de ton corps. Ta tête se vide; tu as l'impression de traverser les nuages. Quand c'est fini, tu voudrais que ça recommence; avec un peu de chance, tu as laissé l'aiguille plantée dans ton bras, il reste alors la goutte ultime. De l'obscurité, du néant, un labyrinthe duquel je n'ai pas encore trouvé la sortie.